On fait

Franz West ou le frère de Kanye

Rrose/Drama, de Franz West. Aluminium et peinture pour carrosserie. 2,1 x 5,4 x 2,4 m. © Franz West

Non je déconne, mais avouez que ça intrigue tout de suite !

Il y a un petit moment avec Orane, on s’est dit « allez on va à Beaubourg », on est alors tombées sur la rétrospective de Franz West. Ben… On n’a pas été déçues !

Le type est chaud

La comparaison était assez drôle parce que tout comme Kanye, Franz était un peu chelou et aimait bien bien ce qu’il faisait. Il crée des œuvres assez particulières, voire souvent « moches » mais tout ça, c’est parce qu’il veut choquer !

Cet artiste autrichien a un peu tout expérimenté : dessins, sculptures, papiers-mâchés.. Il joue avec les couleurs, les textures, les formes. Il se fiche complètement des normes en vigueur et inverse le « beau » et le « laid » ; du coup si quand tu regardes ses oeuvres tu comprends pas tout, c’est normal. D’ailleurs, si jamais on disait qu’une de ses oeuvres était belle, il la détruisait. Chelou je t’ai dit.

Souvent, il réalisait ses propres expositions, mélangeant les oeuvres, les périodes, les genres. Et quand on voit les scénographies de nos jours, il avait peut être pas tort de se débrouiller tout seul.

Lorsqu’il réalise ses tout premiers dessins il les intitule Mutter Kunst, « de l’art pour sa mère », qui était dentiste et qui désespérait qu’il ne fasse jamais rien de sa vie, il y met beaucoup d’humour. Un peu plus tard, ses dessins seront choquants, voire parfois pornographiques. Il voyage, prend toutes sortes de drogues et est fière d’être un outsider et veut que ça se sache, il dessine donc en conséquences. Bah ouais, il semblerait que dessiner des b**** soit sur la To Do List de chaque grand artiste qui se respecte.

Tout au long de sa carrière il joue avec les limites et les brouille et c’est ainsi que ses œuvres  sont destinées à la fois aux connaisseurs mais également au peuple. Et donc, quand on se promène dans l’expo, on peut s’assoir sur ces grosses sortes de pouf roses pour regarder une projection dont on ne comprend pas grand chose : le pouf serait pour nous le peuple, le film pour les autres ? On y réfléchit encore.

La rétrospective est énorme, près de deux cents œuvres exposées, du jamais vu ! Le Centre Pompidou a d’ailleurs même sollicité des institutions hors les murs pour accueillir des oeuvres de l’artiste en plein air. Selon les historiens de l’art, Franz West a révolutionné l’art à partir des années 1970 ; permettant ainsi à plusieurs générations d’artistes de s’exprimer plus librement. Un mec aussi cool, on a forcément envie de le connaître. Le Centre Pompidou a tout compris et propose donc une grande frise explicative de son œuvre. A LA FIN de l’exposition (bien ouèj les gars). C’est vrai qu’une fois t’être tapé des brosses à dents en métal immenses, ou des mecs avec des saucisses sur la tête, c’est le moment de t’expliquer pourquoi.

Une expo Instagramable

Bien que tout ne soit pas réellement compréhensible, merci l’artiste et BIG UP Beaubourg pour ton aide à la lisibilité, l’exposition a au moins le mérite d’être instagramable et on a bien rigolé !

On a joué avec les Passstücke mit Box und Video : en gros tu rentres dans une petite pièce muni de ton Passstücke (mélange de métal, plâtre, bois, acrylique) et puis là bah… tu fais ce que tu veux, les rideaux te cachent. Nous forcément on a fait des combats tu vois, on avait 5 ans à nouveau c’était génial. Ce qui était moins génial c’était de voir la petite télé à côté quand tu sors, parce que oui tu crois être tranquille dans ton truc mais t’es filmé et diffusé ensuite. Quand ? On ne sait pas, mais ceux qui nous regarderont vont bien se marrer.

On a fait des superbes photos sur les gros pouf roses, vous pouvez aller voir ça juste là en bas. (Pff on est pas trop des bloggeuses? peut être un jour on vous proposera de faire un DIY)

       

On a continué de déambuler et puis on est tombées sur des têtes géantes en papier mâché, les fameux Lemurenköpfe. On a pas trop compris pourquoi qui comment, On leur a mis un doigt dans le nez, ça ne nous a pas plus aidé, mais on a tenté.

En continuant on tombe sur des sortes de photos collages d’hommes avec de grosses saucisses sur leurs têtes. C’était sympa, visuellement c’était cool. Mais j’étais perdue un peu.

Heureusement Beaubourg a imprimé au mur un petit texte de l’artiste pour nous aider à la lisibilité. Je te le recopie ci-après, car je suis sûre que comme moi, la lumière t’apparaîtra.

Bien qu’il soit vrai que la perceptibilité du langage et la perceptibilité de l’art coïncident, il faut noter que cette corrélation débouchent sur la conclusion erronée : à savoir que l’autonomie de la création esthétique se brise d’ordinaire face à la discrétion avec laquelle l’identification peut être révélée par l’attribution de sens. Ce piège sémantique est trompeur et la métaphore n’est qu’un double de la structure. Pléonasme. Les signes de l’art parlent comme forme. Et : l’écart entre signe et forme ne persiste pas dans un système de représentation, on n’en trouve aucun écho dans l’histoire de sens, mais leur rapport de subordination s’inverse au sein de l’oeuvre d’art et son ambiguïté est la structure même. Redondance.

Alors, franchement, tu comprends pas mais c’est pas parce que t’as pas le background. Perso, à la base je suis historienne de l’art, des bouquins de théories de m… j’en ai bouffé et là, je sèche. Je comprends que dalle.

Tout à la fin de l’expo, il y avait l’Auditorium, une oeuvre qui date de 1992. 72 canapés en fer recouverts de tapis. On se serait crues au bazar à Istanbul. C’était ultra cool. (Avec Orane y’a moyen qu’on fasse un rap prochainement je pense, on est chauds de la rime). De quoi se reposer, reprendre ses esprits et faire un point sur ce qu’on vient de voir.

Alors je ne t’en veux pas du tout Beaubourg, parce que j’ai été transportée par bien des expositions, et puis la plupart du temps la scénographie est à couper le souffle. Juste pas cette fois là quoi, mais peut être que c’est une immersion totale et qu’on est dans la tête de l’artiste ? Et à en croire les sources, c’était le BOR-DEL. Au final on en sort un peu mi-figue mi-raisin (fallait trop que je cale ça), on était paumées mais on a passé un bon moment malgré tout.

Comme quoi, pas besoin de tout comprendre parfois pour apprécier une exposition, il suffit de prendre un peu de distance et on peut profiter 🙂

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